Societe et loisirs

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Le Français par les peintres

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Pensez à ce que vous aimez faire pour vous détendre… Chez vous, vous avez peut-être un ordinateur, une télévision, des jeux, des livres. Avec vos amis, que faites-vous, où allez-vous ? Peut-être au cinéma, au café, dans un bar ou même en boîte de nuit pour aller danser?

Au dix-neuvième siècle, à Paris et dans le reste de la France, les gens n’étaient pas si différents que cela ! Certes, il n’y avait pas d’ordinateurs ou de télévisions, mais il y avait d’autres formes de divertissement, certaines apparues depuis peu. Dans les villes, on pouvait sortir pour la soirée, soit au théâtre, au ballet ou à l’opéra, soit dans un bar ou  au café-concert : ces activités modernes convenaient parfaitement au traitement impressionniste des peintres de l’époque. Au contraire, dans les régions rurales de France, la vie était beaucoup plus simple et il était rare de sortir le soir. Les paysans et les fermiers, ayant travaillé dur toute la journée, aimaient se reposer le soir ou passer du temps en famille. Il faut préciser aussi que les divertissements urbains n’étaient pas ouverts à tout le monde, et la détente de quelques-uns signifiait la nécessité de travailler pour d’autres : découvrez dans les images ci-dessous qui se divertit, qui travaille et comment.

  • un ordinateur : a computer
  • un divertissement : a form of entertainment / a recreation
  • une boîte de nuit : a night club
  • un spectateur / une spectatrice : a spectator
  • un corps de ballet : ballet dancers
  • gagner sa vie : to earn a living
  • un nez retroussé : a pug nose
  • une serveuse : a waitress
  • un café-concert : a café with live music
  • un repas : a meal
  • en face de : opposite / facing
  • une auberge : an inn
  • un paysan / une paysanne : a peasant
  • se détendre : to relax
  • rustique : rustic

 

Dans un théâtre à Paris, probablement récemment construit, une femme d’allure riche, prête à regarder un spectacle,  est assise dans une loge aux côtés d’un homme : peut-être assistent-ils à un ballet, ou à un des opéras qui venait d’être écrit. Élégants et raffinés,  les spectateurs de l’époque aimaient regarder leurs voisins, et sortir au théâtre ou à l’opéra était l’occasion d’observer les autres – qui est accompagné de qui, qui porte quoi ?… – autant que de regarder le spectacle. Dans la loge, l’homme regarde ailleurs, et clairement pas en direction de la scène. Sur la scène, qu’on voit de la perspective d’une loge, des danseuses, habillées en tutu, commencent leur soirée de travail. Peut-être interprètent-elles le tout nouveau Ballet des Roses, souvent ajouté aux interprétations de l’opéra Don Giovanni de Mozart à partir de 1866. Ces danseuses ne sont pas membres de la même haute société que les spectateurs. Les filles assez jeunes rejoignaient souvent le corps de ballet pour gagner leur vie si leur famille ne pouvait pas subvenir à leurs besoins. Degas suggère qu’elles n’étaient pas raffinées avec leurs nez retroussés – trait physique considéré à cette époque comme un signe distinctif d’appartenance à un niveau social inférieur.

Dans une autre partie de la ville, une serveuse est fatiguée à la fin de la soirée. Elle travaille au grand music hall très chic, connu sous le nom de Folies Bergère, établi en 1869. La clientèle est fortunée et fait partie de l’élite, s’est amusée pour la soirée en mangeant, en buvant et en regardant un spectacle somptueux  : si on regarde en haut à gauche, on distingue les jambes d’un acrobate ! Cette forme de divertissement s’appelait un café-concert. Entourée de bouteilles de champagne et de bières importées, la serveuse est debout devant un grand miroir qui nous montre une grande partie de la salle et un client qui lui commande une boisson. L’atmosphère est bruyante et animée, mais si on écoute attentivement, on entend peut–être l’homme demander à la serveuse de l’accompagner à la fin de la soirée… En dépit de sa jolie robe, cette femme ne fait pas partie de la même classe sociale que ses clients, et l’idée qu’elle ait pu être une prostituée n’aurait choqué personne en ce temps-là.

Au nord de Paris, à Montmartre, dans un bar appelé Le Rat Mort, une cocotte (c’est-à-dire une sorte de prostituée) partage un repas avec un client. Elle semble s’amuser, mais en fait elle travaille. Ses lèvres rouges, ses longs gants et sa coiffure bizarre lui donnent un air exubérant. Nous ne pouvons pas savoir avec certitude si elle est avec l’homme qui s’assoit à sa gauche, ou avec un autre homme en face d’elle, dans la même position que nous, spectateurs, qui regardons la peinture. Dans les cafés parisiens, il était normal de s’asseoir sur un banc à côté de quelqu’un qu’on ne connaissait pas, pour être en face de son compagnon.

Pendant que les membres de la société parisienne passent leurs soirées dans des endroits attrayants, deux hommes ordinaires jouent aux cartes dans une auberge locale en Provence. Cézanne aimait passer du temps avec les paysans de sa région natale, Aix-en-Provence, et a probablement voulu suggérer ici la simplicité de cette façon de se détendre. Le décor rustique, la bouteille de vin de pays et les costumes des hommes contrastent complètement avec l’intérieur chic, le champagne et les femmes à la mode que l’on voyait aux Folies Bergère.

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